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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 00:00

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Les funky colors sont à l’ordre du jour et elles cachent pourtant des sujets pas si funky que ça : la mort, la vie, la religion, la politique sont au centre de cette facture chatoyante. Ces couleurs, à la fois douces et agressives, sont le support qu’utilise Marc Molk dans une pratique cohérente qui joue de ces oppositions de ressentis. Inspirée de la culture pop et de l’histoire de l’art plus sérieuse et des épisodes édifiant de notre histoire, l’artiste réinvente le genre autrefois si prestigieux de la peinture d’histoire dans une version contemporaine.

 

lesnocesvermeilles marcmolk

 

 

Métaphore d’une mythologie d’une époque Marc Molk condense dans sa peinture tous les thèmes actuels. On retrouvera les nymphes qui côtoient actrices porno, la guerre et la corruption au côté des chevaliers, des contes du Moyen Age, protégeant la veuve et l’orphelin des méchants dragons.  Ainsi nous montre-t-il les liens qui existent entre l’imaginaire, la réalité et son interprétation fictive : la réalité serait-elle à ce point folie qu’elle présente autant de point commun avec l’imagination la plus délirante ? 

 

marcmolk premierssecours

 

Son étonnante manière de donner une matérialité fluide  et vaporeuse semble participer dans sa totalité à l’expression de son sujet : société insaisissable comme un gaz fluo radioactif amélioré d’un arrière goût de fraise Hollywood.

 

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L’artiste est actuellement en résidence en Corrèze à Chamalot, premier prix du concours Novembre à Vitry, vous pourrez y voir une exposition montrant ces réalisations de ce temps de travail imparti.

 

www.molk.fr


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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 09:00

 

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Sans-titre, huile sur toile, 150x195cm

 

On est dans un marécage brumeux ou plutôt au dessus des nuages, ou peut-être qu’il pleut. C’est liquide sous nos pieds ou plutôt mousseux, ou peut-être que c’est gazeux. Au loin, on voit un arbre ou plutôt un champignon atomique, ou peut-être un feu d’artifice.

 

 

On est ni dans une forêt, ni dans une grotte, ni dans les entrailles de quelqu’un ou de quelque chose. On est quelque part où les montagnes fusionnent avec les nuages, le feu avec l’eau. On ne reconnait plus les éléments fondamentaux qui régissent notre univers, c’est un monde parallèle.   Comme tous les mondes, il a ses êtres vivants, ses plantes et ses paysages, quoiqu’étranges, ils sont extrêmement variés et parfois ressemblent aux nôtres. Il parle aussi de la même chose, enfance et tout ce qui s’en suit jusqu’à la mort, guerres, catastrophe naturelles, sexe et loisirs. Mais il faut d’abord s’habituer à son langage avant de pouvoir le décrypter, il faut se laisser voyager pour apprendre une langue étrangère et qui plus est extra-terrestre.

 

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Gaga of what, huile sur toile, 150x50cm

 

 

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Elévation, 100x100cm

 

 

Il semble que je pourrais passer ma main au travers du cadre et saisir ce tronc qui coulerait au travers de mes doigts en une cendre noire, cueillir cette fleur caoutchouteuse et la mettre dans la poche du smoking de ce monsieur.  Organique, minéral, végétal, gazeux, liquide, solide, dur, mou, duveteux, rêche, je n’entends rien à cette magie. Ce n’est pas des pigments et du lient qu’elle applique sur la toile mais la matière même des objets. Elle manie le pinceau à son grés rendant les effets de matières avec brio, tout en créant une nature colorée et à la fois dure et violente. Tout ce qu’elle voit et qu’elle aime est bon à peindre, parfois elle en fait des obsessions. Elle est hantée par cette maison à pilotis, qui a aussi été des asperges, et ne parlons pas de cette espèce de barba papa totalement phallique qui pousse du sol ou de la tête de certains d’entre nous.

Dans leur temps, les tableaux de Deborah Julien  paraissent toutefois suspendus, à la fois dans une action en pause et dans l’éternité. Jeune peintre, elle a déjà participé à de nombreuses expositions. J’invite vivement nos lecteurs à découvrir son travail et à encourager sa pratique en visitant  son site internet sur : http://www.desbeauxrats.fr/.

 

 

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Nude, huile sur toile, 200x200cm

 

.oO 

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 11:57

 

 (par un jeun’s)

 

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J’ai choisi de placer le titre d’un livre de Jean Clair (un personnage décrié du monde de l’art, réactionnaire et pro-peinture) pour commencer cet article. Vous le savez peut-être (ou pas) mais aujourd’hui il n’est plus possible de présenter quoi que ce soit devant qui que ce soit (du monde de l’Art) sans faire référence aux artistes homologués par l’académisme contemporain (ne pensez même pas à citer Kandinsky, Schiele, Klimt, Dali…). Pourtant, la liberté, la  tolérance, le dialogue et l’Ouverture (avec un grand O comme dans Opportunisme) sont, à l’heure où j’écris ces lignes, les valeurs prônées par le consensus artistique made in Beaux-arts de France. Une généreuse considération de surface qui devient tout autre lorsque vous la pratiquez au quotidien. Jusqu’ici ce n’est pas une surprise de découvrir une séparation entre la théorie et la pratique, l’Art n’est pas une science exacte… Quoi que…

 

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C’est là que ça se complique, que ça se complexifie, que ça se transforme en culte rationnel et objectif, que ça recherche la justesse et la véridicité, que ça devient une sorte d’embrigadement social qui impose ses propres vérités aux autres… Une école en quelque sorte… Mais pas n’importe laquelle ! Parce qu’on n’est pas n’importe qui hein ! Nous on est profond ! On a des grandes choses à dire ! On sait faire réfléchir les autres ! On est tellement intelligents qu’on invente même des mots tiens ! On a des médailles pour ça et des subventions publiques rondelettes afin de POUVOIR partager avec d’illustres nantis l’envergure souveraine de notre raisonnement ! Trop souvent occupé par le commerce de sa propre personne on ne participe pas au montage de nos propres expositions. Avec une condescendance bien placée on utilise la main d’œuvre étudiante « Bozarienne » en mal d’ECTS (crédits qui vous offre le privilège de passer en année supérieure) pour fabriquer notre travail. Puisque, comme tout à chacun le sait, l’idée est plus importante que la réalisation! Travailler de ses mains c’est trop has been ! Vous ne le saviez pas ! Se servir des autres, de sa hiérarchie pour arriver à ses fins, de son petit pouvoir pour faire pression sur les étudiants, de la réussite du mépris qui nous rend si désirable aux yeux d’une ribambelle de larves décérébrées, tellement courbées par leur quête de réussite et de reconnaissance qu’une scoliose aigue devient presque palpable sur leur dos dénudé (…) C’est pas beau tout ca ?


 

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C’est ça l’Art contemporain! Qu’on nous enseigne, qu’on nous oblige à vivre, qu’on nous impose. Par la force, par la hiérarchie, sans retenue, sans aucune espèce d’éducation, de savoir vivre et de respect… Il est étrange de voir les personnes à la réputation cultivée, agressives et pleine de hargne face à ceux qui ne leurs ressemblent pas, face à ce qu’ils ne comprennent pas, face à ceux qu’ils ne peuvent pas classifier, ordonner et soumettre. Les étrangers sont bien sûr en ligne de mir. Les ERASMUS venus apprendre l’art contemporain, ses concepts de tolérance et d’ouverture n’ont qu’à bien se tenir ! Sinon on les renvoie dans leurs pays ! Hop dans l’avion ! Tu retournes chez toi ! Dès demain tu dégages de la France et sans tes ECTS (une tirade bel et bien véridique, prononcée en coordination devant 30 témoins et je vous assure qu’avec le ton, c’est encore mieux). Du grand Art, n’est ce pas ? 

 

 

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Ainsi, rien ne vous empêchera d’être artiste contemporain, on vous formera et on vous moulera pour ça. Même si les chances de réussite à la sortie de notre cursus sont limitées, très limitées… Car, c’est une coutume de voir roder autours de l’école d’anciens étudiants, à qui on avait laissé miroité un avenir brillant aux pays des Lumières.  Désormais affalés dans la misère et la désillusion d’une réalité sociale bien moins sensible aux apparats et aux paillettes de l’éloquence que l’ambiance beaux-arts. Le membre déchu de la jet-set de l’intellect n’est plus rien... J’aurai presque de la peine pour lui si l’hypocrisie relative à notre superbe futur ne nous était pas imposé dès lors que l’on aspire au sein du consensus beaux-arts à mener une vie simple, à trouver un travail pour vivre et a espérer avoir assez de temps  pour que puisse survivre notre passion… Car on le sait bien, tout le monde ne réussira pas.

 

Par Cyril Limoges, auteur invité par la rubrique Arts Plastiques.

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 19:10

... avec Caroline Lejeune.


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Elle excelle dans la peinture et surtout celle de forêts. Elle se promène, prend des images et les reproduit ensuite à l’huile sur toile avec une virtuosité et un sens « de la branche » sans précédent. Le plus étonnant encore est le caractère abstrait de sa touche rapide qui paradoxalement devient pure matérialité dans la composition finale. De près ce sont des taches vives et expressives en nuances de gris, en somme du gribouillis ; mais lorsqu’on s’éloigne, le sous-bois est bel et bien là, les branches en résille, la lumière filtrée par les feuillages, la terre, les petits cailloux, quelques feuilles au sol, la mousse… bref tout y est.

 

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Malgré les nombreuses peintures qu’elle a produites sur ce thème, on ne se lasse pas pour autant de ces paysages de nature « sauvage », chaque tableau est unique dans son ambiance et son expressivité. C’est parfois la forêt profonde et menaçante de la sorcière de Blanche-neige, ou celle qui murmure de sa faune invisible, ou encore celle de notre enfance où l’on se sent libre et en sécurité à l’abri dans une cabane.

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  Mais plus que pittoresques, les paysages qu’elle peint sont chargés d’un sens caché. C’est la forêt façonnée par les hommes, une nature couleur béton un peu fausse. Sensation étrange que de ne pas parvenir à se laisser complètement aller à la rêverie d’un paysage hypnotique. C’est comme si on était retenu par notre humanité qui veut toujours fabriquer, construire, améliorer, incapable de laisser les choses en l’état. C’est sur le fil de cette ambiguïté que les images de Caroline Lejeune prennent tout leur sens. Elles touchent une vérité universelle de manière implicite en entrechoquant quelques paramètres simples mais essentiels : la couleur, la forme, le choix du cadrage.

Cette vidéo témoigne largement de la facilité avec laquelle la peintre s’exprime au travers de son travail. Je vous le concède, la voix qui pousse la chansonnette est agaçante  mais c’est sa manière d’accoucher sa sensibilité, elle dévoile son processus de création avec sincérité et se montre ainsi à la caméra à fleur de peau. Elle a également produit des images d’humains mais ses arbres me semblent d’une qualité tellement supérieure que je n’en parlerais pas ici de peur d’être trop critique. Elle a trouvé son domaine dans les sous-bois et c’est là où, pour l’instant elle exerce son art au maximum. 

 

 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 22:59

 

Après Earth et Street vue, Google nous étonne encore avec son Art Project. Son système intéractif  combine ceux des applications précédentes et permet de visiter les plus grands musées du monde tranquilement installé devant son écran. Facile d'accès, la visite virtuelle prend tout son charme grâce à la vue "hors salle" des tableaux. Elle permet des zooms très poussés, jusqu'au grain de la toile. Scrutez les tableaux à loisir et profitez pleinement des collections avec cette fonctionnalité!!!


 Plus que la déambulation numérique c'est réelement cette option qui donne son intérêt  au nouvel outil de Google. Les images, d'une grande qualité, n'altèrent ni le coloris ni le dessin, ce qui atteste d'un projet culturel bien réalisé.

 

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 Il est vrai que ce type d'outil s'adapte particulièrement bien à la peinture et il me semble que ce musée de Google y trouvera son plein intérêt : comme le dessin, ce médium se différencie par son travail en 2D par rapport à la sculpture en 3D, qui demande plus une appréciation dans l'espace réel. Ce logiciel permet de voir et de percevoir les oeuvres autrement grâce à l'accès au détail par la fonction zoom. On peut ainsi sélectionner une zone du tableau, la détacher de son contexte, effectuer des nouveaux cadrages en modifiant ainsi radicalement la perception de l'oeuvre. Quel plaisir d'agrandir à fond un tableau de Van Gogh et de se perdre dans un tourbillon chromatique infini! Et tout ça sans payer, sans bouger de chez vous, sans fil ou signal sonore qui vous sépare de l'oeuvre et sans les nombreux visiteurs qui s'aglutinent autour de vous en commentant le contenu du cadre.

 

Cette initiative généreuse  est évidemment à encourager et devrait s'étendre à beaucoup plus de musées. Je fantasme sur un musée internationnal qui regrouperait l'histoire de l'art sur des pixels. Symboliquement l'action est noble et si elle prends une réelle empleur, résoudra définitivement le problème de l'accès à la culture artistique.

 

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 Pour les artistes, c'est un moyen très efficace pour avoir l'art sous la main et pour s'inspirer des maîtres, de leurs compositions et de leurs techniques. Pour les historiens, il peut devenir très utile pour étudier et analyser les oeuvres. Et si l'on regarde un peu plus loin, un tel projet est d'un intérêt plus global pour la sauvegarde de l'art dans la mesure où il réalise des relevés précis et un archivage numérique des oeuvres. Cela pourrait s'avérer utile en cas de destruction ou d'altération des originaux. Pour finir, j'espère que le Google Art Project obtiendra la reconnaissance des conservateurs de musées pour leur investissement dans le domaine artistique. Un soutient moral et matériel, grâce à des numérisations offertes par les musées par exemple, faciliterait un rassemblement d'un très grand nombre d'oeuvres. 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 08:00

Si votre tête ressemble à une sphère plantée de cornes ou à un cockpit d’avion, pas de panique : vous êtes assurément dans l’univers de Yuichi Yokoyama.


 

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Né en 1967, cet artiste plasticien tokyoïte s’est d’abord exclusivement consacré à la peinture avant d’étendre son champ d’action vers la bande dessinée. Et quelle bande dessinée !!

 

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Jardin, éditions matière

 

 

          Largement inspiré de l’univers graphique synthétique et bourré d’actions du manga, il s’en détache aussi largement avec un mode narratif bien personnel et l’absence de héros. Lorsqu’on parcourt les BDs de Yokohama, les humains et leurs présences sont assez déstabilisantes par rapport aux habitudes que l’on entretient avec la BD traditionnelle, c’est-à-dire l’éternelle aventure solitaire que l’on suit avec ferveur du personnage principal. Ici les « humains » - traités à l’image du monde dans lequel ils évoluent -  n’ont pas d’individualité, ils sont la constituante d’un cerveau unique et agissent en harmonie de manière collective. Les dialogues sont rares. Lorsqu’il y en a, ces Hommes se posent, sur le monde qui les entoure, des questions ou des constatations d’ordre pragmatique un peu débile du genre : "Tous ces massifs sont alignés en parallèle. A perte de vue.", "La forme du terrain se modifie à partir d’ici.", "Des montagnes douces…", "Mais ça garde toujours l’allure de montagnes.".  Et voilà notre troupe de bonshommes au physique complètement hallucinant qui parcourt cet univers uniquement fabriqué de matériaux industriels, simplement poussé par le besoin de découvrir ses autres merveilles, juste pour se distraire.  

 

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Travaux publics, éditions matière


Parfois, on assiste à la fabrication de ce monde en direct. Pas de signe de vie. Les objets bougent, eux aussi dans une parfaite harmonie collective, donnent forme au paysage accompagné par des onomatopées. De gros rouleaux écrasent des cailloux sur le sol jusqu’à le rendre parfaitement plat afin que ceux de l’herbe artificielle puisse le recouvrir. Le plus réussi est que lors de ces actions automatisées, on ne s’ennuie absolument pas. On se laisse porter par ce que les cases nous proposent, on n’espère pas que telle ou telle chose se passe, on attend tout simplement que cette nature artificielle se forme sous nos yeux émerveillés. Quand on regarde les robots des lignes de fabrication de voitures, c’est un peu le même ressenti : on est complètement abruti par cette chorégraphie réglée au millimètre et en même temps abasourdi de la rapidité avec laquelle ces ouvriers de métal, dans l’optimisation la plus complète de leur gestuelle, parviennent à donner forme à une Twingo.

 

 

yuichi1.jpg  De l’action, c’est de l’action à l’état pure.  Malgré le statisme inhérent à l’image dessinée, le déroulement des actions est totalement fluide et l’auteur est capable de développer des séquences parfois hyper-complexes. En « lisant », on a même l’impression d’un film animé sur le papier tellement le regard est invité à recomposer ce qui se passe entre chaque case, sans pour autant que la lecture perde de sa facilité. Sensation de vitesse, chute vertigineuse, dégâts collatéraux, tous les ingrédients du boum-boum spectaculaire japonais sont là et traduits avec une extraordinaire simplicité dans le dessin. Et pour en rajouter, graphiquement ça tient le coup plus que jamais. La composition d’ensemble de chaque page est magnifique avec un sens de l’équilibre entre les masses noires et grisées parfaitement géré. En dehors de la narration qu’elles proposent, les planches sont aussi des tableaux abstraits où l’on peut apprécier la musicalité des formes agencées entre elles.

 

 

 

 

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Combats, éditions matière

 

Finalement, Yuichi Yokohama, c’est un discours détourné sur la condition humaine , la démonstration de l’infinie possibilité de l’image à produire différents niveaux de lecture et de la puissance universelle du dessin à traduire des actions.  

 


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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 08:00

 

 

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Bill Viola est un artiste américain né à New-York la 25 janvier 1951. Il s’exerce surtout dans la vidéo qui s’organise dans des installations monumentales.

 

C’est assez loin des gros films d’action où une minute c’est : une course-poursuite, un saut en parachute, trois immeubles qui explosent, dix voitures qui s’enflamment, deux cent morts,  cent quatre-vingt chargeurs vidés et pendant ce temps, Schwarzenegger a eu le temps de manger un sandwich et d’aller draguer la fille dont il avait sauvé la vie par erreur la minute d’avant.  Ici il ne se passe pratiquement rien et lentement, très lentement…


 

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Vidéo et extrait photographique de Ocean without a shore, biennale de Venise, 2007

 

 

La lenteur des actions permet de la voir dans tout son développement, l’esprit dispose ainsi à loisir du temps pour imaginer, interpréter les différentes formes qui lui font signe. Elles s’adressent à l’imaginaire collectif sur des thèmes qui vont du religieux à l’historique en passant par l’humain.

Les installations de Bill Viola ne se regardent pas, elles se vivent. Il faut embarquer sur le bateau de la contemplation et laisser l’esprit divaguer dans un état quasi-hypnotique. Un peu comme quand l’écran de veille de l’ordinateur nous laisse immobile, la mâchoire pendante, un quart d’heure, sans ennuyer pour autant. Les formes qui s’animent en boucles lente et répétitives, nous laissent rêveur.

 

 

 

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Ocean without a shore, biennale de Venise, 2007

 

 

 

 

L’artiste met en scène des actions qui n’ont rien d’étrangères ou dont l’issue est déjà connue. Elles ne sont  pas énigmatiques. Mais l’image, ce qu’elle exprime grâce à la vidéo, donne à voir tout autre chose que l’action elle-même. Utilisant des technologies toujours plus léchées de caméras, d’écrans et d’effets visuels  lors d’installations monumentales, le vidéaste englobe le spectateur dans un univers étrange et sourd. Les différentes matières de l’image vidéo (noir et blanc sali, couleur HD, ralentis, macro…) sont autant de potentiels expressifs à faire sens.

 

 Une silhouette désincarnée se transforme en un corps palpable. C’est un ange qui a traversé le mur d’eau pour passer du royaume des morts à celui des vivants. Une tache se rétracte pour en éjecter un humain. Le bruit d’une goutte d’eau que l’on regarde tomber est assourdissant.


 

 

Migration, 1976
 

 

 

lNine Attempts to Achieve Immortality, 1996

 Fire Woman

I Do Not Know What It Is I Am Like, 1986

White Space

 

« L'art doit faire partie de la vie quotidienne, sinon il n'est pas honnête. » Bill Viola, Art Video, de Sylvia Martin, éditions Taschen, 2006.


 


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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 10:54

Pollice-Verso-1872.JPGPollice Verso, 1872

 

 

En ce moment, au musée d’Orsay, s’expose Jean-Léon Gérôme.

Gérôme est un peintre du XIXe siècle contemporain des Impressionnistes (Manet, Monet, Degas, et compagnie...). On le classifie dans la catégorie des peintres académiques ou plus exactement comme peintre « pompier ».

 

Pourquoi faire un article sur un type de peinture classique, académique alors qu’aujourd’hui l’Art n’en est plus là ? L’académique Jean-Léon Gérôme souvent dénigré et largement jusqu’ici  fait aujourd’hui l’objet d’une exposition au Musée d’Orsay. Il me semble que ce revival soulève selon moi des interrogations intéressantes sur l’art contemporain lui même. Et vous allez comprendre pourquoi.

 

Le terme de "pompier", de "peinture pompière", que vous pouvez rencontrer dans des articles ou des livres est assez ambigu. On pense qu’il vient du jargon des ateliers pour décrire la manière léchée et en fait pompeuse que les peintres comme Léon Gérôme exerçaient. C’est un mot d’argot, ironique et moqueur, que les étudiants utilisaient pour charrier leurs camarades. Il fait aussi référence aux casques des soldats ou des gladiateurs, souvent représentés dans ce genre de peinture, où les sujets sont inspirés de la grande Histoire, des mondes orientaux et antiques, emprunts de phantasmes et d’un imaginaire héroïque. La volonté des artistes de montrer la fougue guerrière des grands empereurs à travers leurs toiles, ramenée au  métier de pompier, héroïque certes, mais sans grand rapport avec César, ajoute à l’ironie.

 

 

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Phryné devant l'aéropage, 1861

 

 

marche-d-esclaves-a-Rome-1884.JPGAu XIXe siècle il y avait l’opposition « académistes vs impressionnistes ». Les premiers suivant les cours à l’académie des Beaux-arts, d’où leur classification dans cette catégorie, participant aux Salons officiels, primés de l’Etat et tutti quanti. Les seconds, rebelles, lassés de ce que leur imposait l’académie, voulant trouver une nouvelle manière de voir et de peindre les choses ; pour résumer de manière triviale. Avec la consécration des impressionnistes, les académistes sont rejetés, en quelque sorte mis à la poubelle. Et ceci dit sans exagération car les musées sont à la limite de la honte de posséder des toiles de ces peintres. Les conservateurs  les rangent au fond du placard et en détruisent même quelques unes, estimant qu’un nouveau cap dans la peinture était franchi avec les impressionnistes. Tout cela ne valait, pour ainsi dire, plus rien. LE Musée d’Orsay,  LE musée des impressionnistes change de bord aujourd’hui.                                                         

Marché d'esclave à Rome, 1884

 

 

Alors pourquoi un engouement, une tentative de réhabilitation de ces artistes à travers de nombreuses expositions depuis les années 1970 ? L’exposition Equivoques, peinture française du XIXe au musée des Arts décoratifs à Paris en 1973,  annonce cette volonté de porter un regard neuf, et non pas au travers des critiques liées aux modes, sur cette peinture si variée du XIXe siècle. Cette revalorisation des artistes pompiers oubliés parfois même excessive, ne traduit-elle pas la perplexité grandissante de notre temps devant l’écueil d’un intellectualisme abusif qui enferme l’œuvre contemporaine dans les rets d’un discours tentaculaire ? (Phrase citée de Philippe le Leysour, conservateur du musée des beaux arts de Bordeaux, catalogue de l’exposition d’autres XIXe siècles en 1987). Cette question/réponse résume assez bien ce que je tente de mettre en exergue dans cet article. En effet, je suis assez d’accord avec ce point de vue, il est fort possible que la revalorisation de ce XIXe siècle perdu, depuis les années 1970 à nos jours, soit la manifestation d’une lassitude certaine, du public et des critiques, envers un art qui tourne principalement autour du discours, d’un intellect qui prévaut sur la forme.

 

 

le combat de coqCombat de coqs

 

 

D’autre part, après ce que j’ai expliqué sur le terme de pompier, à savoir comment ce mot qui vient d’un argot moqueur, s’insère aujourd’hui comme mot désignant un courent en histoire de l’art. Il perd donc peu à peu son sens premier pour devenir un repère dans le temps, un terme décrivant un style de peinture. Nous voyons bien comme le discours est quelque chose d’éphémère et en tout cas extrêmement lié à son temps. La hiérarchisation de tel ou tel style  est liée au temps contemporain à l’œuvre et à l’évolution de l’art dans notre époque; elle est mouvante selon les grandes influences d’idées qui la guident.


Le discours, qui met en valeur certains principes en art, le défini, est donc quelque chose d’extrêmement fluctuant et dépend dans sa totalité aux jugements de valeur qui changent selon les modes. Au final, la revalorisation de ces peintres est aussi liée à la mode d’aujourd’hui, mais s’efforce de les revisiter au travers de leur forme, de les regarder sans préjugés, de faire état des images, de ce qu’elles nous communiquent, sans penser au parcours que nous avons effectué depuis, qui nous mena jusqu’à la « peinture pure » un Carré blanc sur fond blanc (Malevitch).

 

 


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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 00:54

Sa matière, les machines; son sujet, l'Homme.

 

 

Malachi FarrellGOOD

 

Jeune artiste français, Malachi Farrell, comme un savant fou, fabrique, construit des installations dont les "vices" et les boulons sont les principaux acteurs. Chorégraphiées, les scènes qu’il met en place sont lourdes de sens. Dans un souci didactique, elles sont faciles d’accès ce qui rend la démarche de l’artiste appréciable. L’artiste étudie et rend compte à travers ses pièces de l’évolution humaine et de la tragédie inhérente à sa volonté de se reproduire, de se représenter au travers d’éléments mécaniques. C’est aussi ce vieux rêve du robot intelligent, d’un être fabriqué de toutes pièces par l’Homme et autonome qui est mit en jeu ici.

 

 

 

 

 

Selon lui l’étude de l’environnement contemporain passe par celle des machines et de la technologie. Ses sujets, politiques et sociaux, sont formalisés sur fond de musique dramatisante de blockbuster américain. Evidemment issues de la culture populaire c’est ce qui rend si séduisantes et intéressantes ses installations : tout le monde s’y retrouve. La forme spectaculaire ou humoristique ne gâche néanmoins pas le fond, préoccupées par les problèmes de notre temps, ces pièces sont comme témoins des agressions permanentes que nous recevons de la violence, des médias, de la télécommunication…

 

 

 

 

Amas de plaques, de tiges, de vis de métal, les acteurs des installations nous séduisent et provoquent en nous des émotions. Paradoxe que l’on retrouve dans la plupart des oeuvres. Les machines sont personnifiées mais sans vraiment bénéficier d’une forme humaine, ou seraient quelque chose de l’ordre du corps déchiqueté, désincarné. Belle métaphore de notre relation au monde, aliéné  par ce que nous avons nous même construit, ce sont nous les robots. Malachi Farrell joue de cette perception de l’image, de notre soumission à elle pour donner corps à ses installations.

 

Ses minis scènes, sont autant de prisons sociales que ce qu’elles définissent. Les cliquetis des danses robotiques, figées dans leur lassitude, rythment le voyage du spectateur au cœur d’un univers angoissant.       

 

 

  

 

 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 19:01

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Bon je vous mets la photo de l'artiste parce qu'il est vraiment pas mal...

Élève à l’école de Leipzig en Allemagne, Neo Rauch, influencé par le réalisme socialiste, développe en acceptant ses pères, un monde onirique et troublant.

 


 

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       La technique, développée dans toutes ses possibilités, pousse le réalisme. Elle projète ainsi le spectateur à l’intérieur de l’espace du tableau, on est littéralement aspiré par le décor.  L’esprit entre par ces portes, rebondit sur quelques éléments et finit par se laisser aller aux incohérences.

        Une impression de collage subsiste. Nous sommes entre le plan et la profondeur jouée par la perspective. Les éléments sont autant de formes géométriques qui agencent l’espace du tableau, aussi bien en couleurs qu’en dynamisme et impression de matières. Cette double fonction des objets et figures mit en scène fait le lien subtile entre figuratif et abstrait. L’imagination fait des aller-retour entre la simple valeur esthétique des formes (couleur, géométrie, rapport de force) et leur sens, leur nature (plante, tissus, personnage). Le traitement lisse et cohérent mêle le tout.

 

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      La scène d’un peu plus près est composée de personnages tout droit sorti de spots publicitaires datés. Ils vaquent à leurs occupations, sans remarquer le monde étrange qui les entoure ou interagissent avec des objets bizarres et ont une attitude indéfinissable. Parfois ils s'envolent ou sont dévorés par la lumière. Tout ça sans vraiment jamais arborer une expression sur leur visage. Tout va bien.

 

 

 

 

 

 

 

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Monde des rêves aussi. Associations d’idées, symbolisme surréaliste. Les composants sont parfois hybrides. Pendule croisée avec une armoire et une contrebasse, épée-marteau-piqueur-pompe-à-vélo, chaussons-tête-de-loup. Des machins gluants peuplent aussi le tableau. Appartenant à l’onirisme, ces ingrédients sont touchants et nous laissent à une certaine rêverie.


 

 

 

 

Daniel Richter-Neo Rauch


      Pour moi le lien entre ces deux artistes est évident mais difficile à exprimer en mots. Cela demanderait sûrement beaucoup de lignes pour pas grand chose. Cependant, je suis tombée par hasard sur une toile qu’ils auraient réalisé ensemble. Je dis bien apparemment car je n’ai pu retrouver la source de cette image. Toutefois je tenais à la montrer car elle s’exprime à la croisée de leurs univers et est démonstrative du fabuleux style allemand.


 

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"Neo Rauch - rétrospectives " à découvrir jusqu'au 15 août au Museum der bildenden Künste à Leipzig et Pinakothek der Moderne à Munich

 

 

 

En ce moment :

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Dreamlands : Des parcs d'attractions aux cités du futur

Expositions au Centre Pompidou

5 mai - 9 août 2010

11h00 - 21h00

 

 


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Published by Les Z'infomanes - dans Arts Plastiques par Marion
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