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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 00:59
Pour cette rentrée, et mon premier article, je vous propose une brève, mais efficace je l’espère, réflexion sur la question plus que d’actualité qu’est le problème d’espace à Paris en vous parlant de lieux alternatifs qui font aussi la richesse de notre chère capitale.
En effet pour nombre d’artistes la difficulté de pouvoir vivre de leur art n’est pas chose aisée d’autant plus avec les prix exorbitants des loyers. Face aux problèmes de logement et d’espace créatif, des collectifs se sont constitués pour répondre à la demande sociale et culturelle laissée en suspend.
C’est par une réponse auto-organisatrice que les squats d’artistes jouent un rôle dans la constante évolution du lien social en créant de nouveaux espaces de convivialité, de sociabilité, là où parfois, le lien s’est fragilisé par la rue et face aux difficultés de subvenir aux besoins essentiels. Avant tout un toit pour abriter nos concitoyens et devant l’aberration des immeubles laissés à l’abandon c’est aussi des espaces généralement redistribués à l’ensemble de la collectivité sans autre demande qu’une contribution humaine.
Brassant une riche diversité artistique et culturelle, vous pourrez découvrir des spectacles, concerts, animations qui égailleront les froides soirées de cet hiver.




A savoir que certains squatteurs ont aussi un métier, artistique ou non, exercé en dehors de l’habitation collective sans pour autant réussir à payer un logement individuel, d’autres sont RMIstes, chômeurs, sans papiers…mais tous essayent de trouver des solutions pour alléger le poids du quotidien ensemble. Evidement que tous les squats ne sont pas comme ça et je parle pour ma part des squats d’artistes qui ont une caractéristique propre, chaque squat porte sa couleur, mais pour ceux qui pensent encore que squatter ne peut être qu’ « improductif » pour l’ensemble de la communauté je leur dirai d’aller y jeter un œil de plus près ; à savoir que les frais d’entretien et les factures (eau, électricité) sont couverts par les occupants et que squatter leur permet simplement d’exercer leur activité professionnelle répondant aux mêmes critères communs c’est-à-dire obtenir des moyens d’existence par la production de biens et de services, certes en renégociant les rapports d’échange « standard ». En effet dans nombre de lieux des activités artistiques sont organisées au quotidien par les habitants, proposant une nouvelle dynamique aux quartiers et offrant des espaces de répétition pour un coût dérisoire, et c’est dans cette logique de redistribution de l’espace à tous les citoyens que chaque « Portes Ouvertes » invite à une nouvelle expérience.

Instant vraiment socio :
Rappelons par ailleurs que la position sociale est construite dans notre société en grande partie par l’emploi, on pourrait donc s’interroger sur le devenir de l’identité sociale de personnes qui n’en ont pas (chômeurs, RMIstes) ou dont l’emploi n’est pas reconnu (ici dans le cas de certains artistes). Dans l’imaginaire collectif le fait d’avoir un emploi établit l’individu comme actif, le définissant économiquement productif en lui reconnaissant une utilité sociale. Etre sans emploi reviendrait à être sans état et l’individu subirait un déclassement accompagné d’une perte d’identité sociale (situation des chômeurs de longue durée). C’est ainsi toute la vie sociale qui est touchée : vie professionnelle, familiale, organisation des loisirs et du temps en général ainsi que la participation à la vie publique ; et c’est aussi un travail de visibilité sociale qui est en jeu dans le phénomène du squat pour obtenir une reconnaissance sociale par des formes d’organisation et des alliances alternatives. Squatter et affirmer le droit au travail que ce soit pour des chômeurs ou des artistes c’est affirmer un droit à l’existence sociale et pas forcément par le salaire.

Pensez qu’en participant à la vie alternative, vous ne trouverez pas seulement de nouvelles formes d’art, de sociabilité, de moments chaleureux partagés mais vous aiderez à soutenir, dans un quotidien toujours incertain devant les expulsions, des individus qui proposent une autre façon d’échanger, de vivre ensemble, et de les soutenir dans leurs projets en les laissant participer à leur façon alors n’hésitez pas à faire un tour près de chez eux, vous pouvez retrouver plein d’infos sur les diverses manifestations et lieux artistiques alternatifs parisiens sur http://festivalfou.blogspot.com/ (festival des ouvertures utiles).




Delphine

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Published by Les Z'infomanes - dans Sociologie par Delphine
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commentaires

Devis 29/10/2009 12:50


Merci pour cet article