Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 13:03


Mercan Dede pourrait être le symbole de l’Istanbul d’aujourd’hui : un mélange de tradition ottomane et de modernité  occidentale.  Ceci s’illustre chez lui par la symbiose entre instruments folkloriques, inspiration soufie et musique électronique.

 


 

 

 

 

 

Mercan Dede(prononcer Merdjan Dédé) a 15 ans lorsqu’il est envoûté par le son du ney  (flûte persane en roseau) et décide d’apprendre à en jouer. Grâce à cet instrument aérien par définition, il peut faire le lien avec le céleste.  Il élargit ensuite ses horizons et apprend à jouer de l’oud, du bendir et autres percussions traditionnelles.

 

A la fin de ses études de journalisme à Istanbul, par ailleurs photographe, il est invité à exposer ses œuvres à Montréal. C’est là-bas, alors qu’il travaille dans un bar, qu’il découvre la musique électronique, en pleine émergence. Un jour où le Dj attitré est absent, Mercan Dede s’essaie aux platines. Ce sera une révélation, une autre. Il continue depuis à mixer sous son vrai nom Dj Arkin Allen.

 

Dès lors, accompagné à chaque fois de musiciens et instruments différents, de toutes nationalités, il a effectué de nombreux concerts all over the world. Il a participé aux festivals de jazz les plus prestigieux tels que celui de Montréal, d’Istanbul ou de Montreux, entre autres - bien que jazz ne soit pas le premier mot qui nous vienne à l’esprit à l’écoute de sa musique.

 

Et pourtant, certains morceaux  sont un peu plus jazzy :

 

 

 

 Mais ce qui donne à la musique de Mercan Dede toute sa puissance c’est cette dimension mystique, cet aspect transcendant et envoûtant qui tient à autre chose qu’un simple mélange de tradition et de modernité.

 

L’artiste trouve son inspiration dans la tradition soufie, le versant ésotérique de l’Islam. En particulier, il se déclare influencé par le poète et mystique persan Rûmî (1207-1273) qui a fondé l’une des principales confréries soufies, celle des derviches. Rûmi pense que c’est par l’expérience personnelle, celle des sens que l’on entre en communion avec Dieu. Chez les derviches, la musique et la danse facilitent cette quête d’harmonie avec le divin. Le sema est la danse sacrée des derviches tourneurs. Vêtus de blancs - symbolisant le linceul et donc la mort, et d’une toque cylindrique en poils de chameaux –symbole de la pierre tombale, ils ont la main droite tendue vers le ciel pour recueillir la grâce divine qu’ils transmettent à la terre par la main gauche. Ils pivotent sur leur pied gauche en traçant un cercle autour de la piste reproduisant ainsi la rotation des planètes autour du soleil. C’est par cette danse, cette transe, au son vibrant des bendirs, qu’ils s’unissent à Dieu.

 

Vidéo derviches : 

link

 

En 2007, Mercan Dede compose un album dédié à son maître Rumi pour l’anniversaire des 800 ans de sa mort. L’opus a pour titre, tout simplement, 800 (sekizyüz). A cette occasion il collabore avec le rappeur turc au flow épileptique Ceza (Djéza) :

 

 

 

 

 

Par sa musique il rêve d’offrir une alternative à un monde en tour de Babel, la création d’un langage universel.  Si la classification souvent controversée – et à juste titre ! - « musique du monde » doit avoir un sens, Mercan Dede pourrait en être l’ambassadeur.

 

 

« The Sufi poet Rumi has a very good saying: 'If you are everywhere, you are nowhere. If you are somewhere, you are everywhere.' My somewhere is my heart. I try to figure it out. The rest'the hype, the trends'they are not important. We are here for nothing else but Love, the rest is nothing but bunch of gossip" If music does not make us a better person even in a small way, who cares if you are the best musician in the world. I prefer to be someone who follows his heart no matter where it goes. Succes is not something to which I aspire but rather I accept as simply a wonderful gift of life from the Creator as a recogniton of my naive and simple believe that with music we can help ourselves and others in a most humble way. » (propos de Mercan Dede sur son site officiel)

 

Extrait de Crossing the Bridge  documentaire de Fatih Akin sur la musique d’Istanbul :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Les Z'infomanes - dans Musique par Fanny
commenter cet article

commentaires