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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 18:33

Le tube de l'été. Comme un remake de la chanson de Johnny Hallyday, « on est champions », les Bleus de Domenech ont été « bidons » aux yeux du monde du football. En pleine crise d'adolescence, les joueurs de l'équipe de France ont brillé par leur ridicule en Afrique du Sud, et font encore aujourd'hui l'objet d'un grand nombre de pamphlets journalistiques. Véritables bouc-émissaires après leur mondial catastrophique, les copains de Nicolas Anelka feraient presque oublier la véritable crise qui touche le football français.

 

photo bleu

 

20 juin 2010, l'image des Bleus, grévistes en Afrique du Sud a plongé le foot français dans une crise...d'image sans précédent (crédits : Orange Sport)

 

Dans un climat de crise économique, la grève des « footeux » millionnaires, n'a pas encore été digéré par les passionnés du ballon rond. C'est que le décalage entre ces grévistes d'un jour pour la défense de leur pote Nicolas Anelka, et ceux qui se battent pour leurs retraites, est colossal. Le rejet par le public de ces « pourri-gâtés » du football semble presque humain. Une réaction dans l'extrême opposé de l'idolâtrie dont peuvent faire l'objet les joueurs de football. « Je pense qu'il y a eu une euphorie exacerbée en 1998, et maintenant c'est l'opposé. Tout le monde nous déteste, on est tous des branleurs qui ne pensent qu'à aller voir les putes. », s'énerve Jérémie Janot, le gardien de l'AS Saint-Etienne. Plus surprenant, les autres sportifs de haut niveau sont loin d'être solidaires. Comme une révolution. Les champions de l'été, les nageurs, athlètes et autres tennismen, ont profité de cette crise d'image pour se faire une promo inespérée.

 

En affichant un état d'esprit des plus collectifs dans des sports individuels, ils ont montré qu'il n'y avait pas que le foot dans la vie. Ajoutez à cela une disponibilité réelle pour les supporters, et le tour est joué. Ces champions ont même eu le droit à leur garden-party privée avec Nicolas Sarkozy. Une consécration pour la sprinteuse Christine Arron, « Chaque sport a ses haut et ses bas. Le football a été en difficulté, mais a aussi connu des sommets. Aujourd'hui c'est au tour de l'athlétisme et c'est tant mieux ». Les tennismen de la coupe Davis y sont allés de leur pic. Après une Marseillaise chanté à tue-tête (sic), les bons élèves de Guy Forget, redonnent à l'esprit d'équipe ses lettres de noblesse. Et Mickaël Llodra de rajouter après la victoire sur l'Argentine en demi-finale, « Président, nous on ne veut pas de primes, mais un endroit dingo pour faire la fête. ». La baisse (temporaire) de la popularité du foot, permet une embellie (tout aussi temporaire ?) à la catégorie « autres sports ». Une vraie crise en somme qui ne présageait rien de bon pour le championnat de ligue 1. « On doit reconquérir une partie de l'opinion » admettait même Janot. Ça passe par des remises en cause. Son entraîneur à Saint-Etienne, Fabien Galthié, « On est des hommes publics, idolâtrés. Il doit y avoir un retour, c'est la moindre des choses. ».

 

Un record de joueurs professionnels au chômage

 

Le PSG, Lyon ou Marseille, autant de clubs qui interdisent à leurs joueurs les casques audio sur les oreilles. Le joueur doit être plus disponible, les séances de dédicaces font partie intégrante de la vie du sportif à la sortie de l'entraînement bla bla bla. Au foot, il faut presque inscrire dans les textes, les droits et les devoirs d'un sportif embarqué dans le business du « sport-spectacle »... Mais le foot est, et restera un sport populaire. L'affluence moyenne dans les stades de France est même en augmentation, avec 20 065 passionnés contre 19 825 à la même époque la saison dernière. On est loin du désamour malgré un spectacle pas vraiment au rendez-vous. Moins de buts, et surtout moins de stars en France. La crise du football est davantage économique. Le Mercato d'été fut d'un calme plat en Europe, désespérant même en France. C'est que les clubs français doivent, pour leur grande majorité, espérer vendre avant de pouvoir acheter.

 

Mais quand l'Europe du football manque de fonds, incroyable mais vrai, ce sont les transferts qui en pâtissent. Comme dans tout entreprise actuellement, l'embauche se raréfie. Si bien que 163 joueurs professionnels sans club ont été recensés sur les listes de l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels en France. Un record. « La situation actuelle est logique. Le nombre de contrats pro a en effet baissé de 7% cette année. C'est une conséquence de la crise, du bilan des clubs et d'une Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) qui fait son travail. », tempère Stéphane Saint-Raymond, le directeur de l'information du syndicat. Loin des caprices des enfants terribles du football, de plus en plus de joueurs pro connaissent, eux aussi, la réalité du chômage en France. Plus que son image, le football français connaît une crise de porte-monnaie. Le nouveau sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, et sa fédération n'y vont pas de main morte pour rétablir les Bleus dans le cœur des Français. Une charte de bonne conduite et des nouvelles règles de communication ont été mises en place. Niveau économique, le plus dur est à venir avec la prochaine négociation des droits TV. Nul doute que la mutinerie sud-africaine n'est finalement que la graine de l'arbre qui cache la foret.

 

Adrien Godet

 


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Published by Les Z'infomanes - dans Short et baskets par Adrien
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