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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 09:58

Qu’ont en commun Louis Nicollin, François Trinh-Duc et Nikola Karabatic ? La ville de Montpellier, bien sur ! Certes, une des trois personnalités est actuellement moins affûtée et laisse volontiers sa place sur le pré à des Da Costa ou des Karim Aït-Fana. Cette semaine, MondaySport rend hommage à la ville la plus sportive de France et aux instigateurs de ce titre.

Tout d’abord, le soutien des pouvoirs publics locaux est énorme. Madame le maire, Hélène Mandroux a suivi avec cohérence un travail gigantesque effectué par Georges Frêche (oui, celui qui n’a pas sa langue dans sa poche) entre 1977 et 2004. Avant son arrivée, la ville ne comptait ni de gymnase, ni de piscine ; suite au début de son mandat, les gymnases ont poussé tels des champignons et mis à part ces efforts infrastructurels, il a aussi fait preuve de pragmatisme structurel en transférant la compétence sportive de la ville à l’agglomération, dont il est aujourd’hui le président. « Le résultat a été immédiat. L'agglomération, c'est deux fois plus d'habitants que la seule ville de Montpellier, et donc plus de moyens et d'argent pour les clubs» déclare Robert Molines, co-fondateur du club de handball.

En 2010, la communauté d’agglomération soutient dix-huit clubs sportifs, dont la plupart brillent dans l’élite de leur sport respectif. Nous en retiendrons trois en exemple, trois car ils correspondent à trois sports français populaires et remplissent avec des taux records trois stades de la ville : le MHSC qui est sur le podium de ligue 1 de football (l’équipe jeune a également remporté la coupe Gambardella), le MHB avec neuf titres de champions de France de Handball en dix saisons, et le rugby dont le jeune XV s’installe durablement comme un pensionnaire du Top 14 et dont l’équipe féminine est championne. 

A contre-courant des trop nombreux exemples où les municipalités doivent « choisir » de promouvoir un sport en sacrifiant un ou deux clubs, Montpellier est le témoin d’une cohabitation ou les parties sont soutenues équitablement. Nous ne pouvons nous empêcher de citer en vrac les autres clubs qui gagnent ; le MUC, club historique de volley-ball, les Vipers au hockey sur glace, les Barracuda au baseball, ou encore le water-polo. Afin d’être complet, nous citerons les récents passages du Tour de France place de la Comédie et aussi l’organisation du FISE, grande manifestation autour des sports extrêmes et de glisse. Minime ombre au tableau, l’équipe masculine du Montpellier Paillade Basket n’a pas été sauvée de ses déboires financières, ni par la ville, ni par le grand manitou du groupe Nicollin (qui avait, à l’époque, préféré investir dans le Paris Basket Racing) mais c’est le pragmatisme qui est invoqué : « l’équipe était composée de mercenaires américains qui ne gagnaient même pas leurs matchs, nous avons préféré sauver l’équipe féminine. »

L’agglomération gérant les structures professionnelles comme le stade de la Mosson (football), le stade Yves du Manoir (rugby) et le palais des sports René Bougnol (handball), la Mairie tend à axer sa politique sur les équipements de quartier, la solidarité et l’amateurisme. Par exemple, Karaboué, Guigou et Karabatic sont récemment aller jouer avec des jeunes des quartiers, un type d’action sociale qui ne fait que renforcer le lien avec les héraultais, qui remplissent les stades quotidiennement et aident les sportifs professionnels par leur ferveur et leur impôts locaux. Effectivement, les personnes en charge n’investiraient elles pas trop dans le sport, aux dépens d’autres priorités ? La réponse est non selon Jacques Martin, vice-président de l'agglomération chargé des sports, qui assure que la ville dépense plus dans la culture, le social et l’éducation, par exemple. Septime Meunier, qui a mené l’enquête pour le journal l’Equipe ajoute que Montpellier est une des villes les mieux gérées de France, dont l’administration efficace est le secret, sans doute aussi celui qui en fait une des villes les plus festive et étudiante.

Etant donné que les étudiants s’y sentent bien et que les équipes sportives gagnent, la ville se paye une image jeune et attire les touristes. Effectivement, la communication est axée là-dessus car l’agglomération compte très peu de sièges sociaux et d’industries. Ainsi, la recette du succès de Montpellier s’articule autour des mots-clefs suivants : équité, pragmatisme et cohésion. Politiquement, la cohérence a été assurée par l’équipe entourant Georges Frêche, le fait que les membres de l’agglomération et de la ville appartiennent au même bord politique est un plus indéniable, car il en découle un dialogue excellent. Pour ce qui est des électeurs, ce sont les mêmes que les supporters, on ne peut donc occulter que les résultats positifs des équipes locales les satisfont et créent un cercle vertueux politique permettant aux élus de travailler dans la continuité.

Enfin, dans environ six mois, le grand public pourra goûter aux fruits du dernier projet Montpelliérain, un « super zénith » de 15000 places, qui deviendra la deuxième plus grande salle de France après Bercy.

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Published by Les Z'infomanes - dans Chroniques arrêtées
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