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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 13:08

 

                Candide, depuis le moment où il est chassé du château du baron thundertentronck jusqu’à celui où il cultive son jardin, grandit et mature dans son milieu : une Europe à feu et à sang, remplies d’eldorado et de Cunégondes à la fesse coupée.

            Chaque héros vit et évolue dans un temps, dans un milieu. Lupus, lui, vit dans l’espace. Et l’espace apporte ses formes, ses rythmes, ses vides et ses pleins, son lot de gens. Entre paroles et silences, amis et connaissances, petites et grandes choses, sautons dans le vaisseau de Lupus pour partager ses aventures ! En avant !

 

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            Et l’aventure commence avec un sacré mal de crâne : la benzo n’était pas fraîche, et Tony nous réveille avec son sourire narquois. On est en vue de Norad, et ni Lupus ni Tony ne se doutent de ce qu’ils vont y trouver.

            C’est comme ça que commence l’histoire qui amènera Lupus dans divers endroits de l’espace, en compagnie de la belle et mystérieuse Sanaa, en fuite ou en répit, tentant de faire face aux épreuves et de les dépasser, de comprendre ce qui l’entoure, ce qui lui arrive.

 

            Car Lupus, c’est avant tout l’histoire d’un homme qui grandit. Du jeune étudiant en botanique parti faire le tour de l’espace avec Tony pour planer avec le lichen agaricale et se paumer un temps sans rien chercher de bien précis, il ne reste finalement plus grand-chose à la fin du 4ème tome. C’est ça qui est chouette avec Lupus : chaque tome apporte son style, sa propre respiration et son propre rythme.

 

                                      lupus t1    lupus t2  

 

                                       lupus t3    lupus t4


            Mais tout est là dès le début : les pensées de Lupus, ce personnage attachant, ses paroles, ses questions et ses doutes. On se régale totalement, et en même temps on est touché par l’intimité partagée avec cette personne.

 

            Et comme les paroles ne sont pas toujours nécessaires, et qu’elles ne disent sûrement pas tout, le dessin est là. De magnifiques cases sans bulle, un personnage qui flotte dans le vide, un visage, un sourire. Dans ces moments, le trait exprime tout avec une grande profondeur et une superbe simplicité ; et le silence, loin de constituer un vide, joue à plein et investit la page pour nous permettre de respirer, d’inspirer, de nous poser avec notre héros que nous accompagnons dans ses doutes et ses épreuves. 

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Et l’espace est là. Avec ses masses de noir profondes, ses formes extravagantes, douces et inconnues, ses plantes et ses espèces étranges. Alors on se laisse flotter au gré de ces noirs et blancs, dans le rythme des pensés et histoires de Lupus. Le trait, les cases et les planches nous invitent dans la jungle touffue ou dans le vide interstellaire, dans les rêves et dans la réalité.

 

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            Ce trait nous permet de respirer, d’appréhender subrepticement les évènements, et de les vivre avec toute la force. Les cases emplies de suite de petits détails ne nous trompent pas : une tasse de café, la pluie sur le bois, une oreille en gros plan ou encore une suite d’animaux et de plantes, dans le silence, tout est bon pour se trouver ou se retrouver, le grand vide comme les plus petites choses.

 

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            L’enchaînement de tous ces détails, revirements et pensées trouvent leur place et résonnent dans l’espace, l’espace vide ou l’espace des hommes. On glisse sur les cases, de planche en planche, dans un voyage doux-amer, et on se régale en douceur.

 

            En lisant Lupus, on accède à un personnage dont l’honnêteté est totale, comme s’il ne pouvait pas en être autrement. Comment alors ne pas l’aimer ce Lupus, comment ne pas se sentir touché par ses histoires. Entre présent et plongeons dans l’enfance ; entre paroles, pensées et silence ; entre Sanaa, Nyargance et sa communauté de vieux révolutionnaires sur Nécros, l’infirmière spatiale ou le père, la maturité se fait jour tout doucement, sans un bruit, sur la pointe des pieds.

            Et on ferme le quatrième tome en ayant soi-même ce goût d’avoir grandi, d’avoir appris.

 

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A lire de Frederik Peeters :

- Lupus, 4 Tomes (2003 - 2006)

- Pachyderme, 2009

- Pilules bleues, 2001

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commentaires

(Clovis Simard,phD) 01/12/2011 22:12


Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-3, THÉORÈME DE L'AMITIÉ.- Une infinie tendresse.