Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 20:06

Chez les Z'infomanes, la Turquie on est fan! En plus, avec Istanbul capitale Européenne de la Culture en 2010, la Turquie c'est tendance! L'occasion de revenir sur un concept obscur qui a miné l'économie du pays pendant plus de trente ans : l'inflation.

http://www.mynews.in/News/dailyimage/news/1214291337532_inflation-rate-india.jpg


Un taux record de 120% d'inflation en 1994! Le début d'une grave crise financière dans le pays. L'inflation chronique reste dans la mémoire de la population turque. Beaucoup se souviennent des prix qu

i montent sans cesse. La monnaie nationale en vigueur avant 2005, la TL (Türk lirası ), voit son plus bas billet afficher le chiffre exorbitant de 1 000 000 TL, l'équivalent de 1YTL (la nouvelle livre turque). Mécanisme monétaire, l'inflation a des effets quotidiens tangibles, notamment sur les prix. L'inflation agit également sur le niveau de la dette publique, les taux de change ou les valeurs immobilières.


Suite au choc pétrolier de 1973 et malgré une place modeste du pétrole dans ses importations, la Turquie enregistre une dégradation de sa balance de paiement. L'écart devient rapidement insoutenable ouvrant la voie à trente années d'inflation chroniques à deux chiffres.

Élut président en 1989, Turgut Ozal lance un programme de réformes typiques des années 80, directement inspirées des Reagonomics américaines. Il dévalue fortement la monnaie locale. Les exportations turques deviennent donc moins chères sur le marché international, mais le prix des produits importés dans le pays augmente. Or la Turquie souffrait d'une hypertrophie de ses industries nationales. Elle consomme beaucoup de produits importés et le pouvoir d'achat se dégrade.


Dans le même temps l'état accuse un déficit public colossal. L'instabilité politique de la Turquie (coup d'État de 1980, vie politique agitée,......), affecte les finances. Les politiques populistes destinées à « séduire » les électeurs sont largement utilisées. En 1989, le gouvernement organise une libéralisation partielle du marché financier. Le but est de vendre à l'étranger les Bons du Trésor turc pour compenser le déficit d'épargne de la population turque.


Cette ouverture n'a pas vraiment séduit les acteurs de la finance mondiale. L'État turc était considéré comme instable et les créanciers demandaient des taux d'intérêt exorbitants. Excédée de la situation, en février 1993, le premier ministre Mme Tansu çiller stoppe le processus....et commence à financer le déficit par la « planche à billet ». La banque centrale, pas encore indépendante du pouvoir, crée donc de la monnaie et booste le mécanisme inflationniste. Pour la petite histoire cette ancienne professeur d'économie à l'université n'a pas p

u retrouver de poste dans une université turque après son mandat politique.


Après cette réforme le pays est entré dans une grave crise financière ayant entraîné la faillite du système bancaire turc en 2001. Un énième plan du FMI impose une profonde restructuration du pays. Des privatisations, l'amélioration de la politique fiscales, l'ouverture poussée à l'économie de marché, toutes les vieilles recettes libérales de l'institution mondiale sont (re)lancées. La fameuse indépendance de la

Banque centrale est établie à cette occasion, sa mission principale? La stabilité des prix. Autrement dit la lutte contre l'inflation. A partir de 2003 la Turquie connait une période de stabilisation de son économie. L'inflation désormais semble conj

uguée, mais le pays connait la croissance « molle ». Touchée par la crise, la population turque est toujours sous le joug d'un edette importante.


Le FMI a depuis démenti l'annonce. Mais la déclaration du premier ministre turc Tayip Recep Erdogan sur l'existence d'un accord avec l'institution internationale à l'avantage de la Turquie avait dopé dès le lendemain la livre turque face au dollars sur les marchés financiers. Preuve que les dirigeants turcs saisissent désormais parfaitement les mécanismes psychologiques de l'économie de marché...


L'histoire politique de la Turquie est agitée. L'ouverture prématurée à l'économie de marché a aggravé la situation industrielle et monétaire. Dans un pays où la structure publique constituait le principal moteur de l'économie (principal investisseur et important employeur), le FMI et le paradigme libéral ont poussé à une libéralisation trompeuse. La Turquie maitrise aujourd'hui son inflation, au prix souvent du développement.

source : Mr Seyfettin Gursel, professeur à l'université Galatasaray, Istanbul

Pauline

Partager cet article

Repost 0
Published by Les Z'infomanes - dans Economie par Pauline
commenter cet article

commentaires