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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 14:21

Philippe Askenazy (Ecole Normale Supérieure de Paris), Thomas Coutrot (Attac), AndréOrléan (CNRS) et Henri Sterdyniak (OFCE) sont quatre économistes à l’origine du "manifehttp://storage.canalblog.com/88/88/295434/57025015_p.jpgste des économistes atterrés " un texte critique vis-à-vis des politiques économiques néolibérales actuellement en vigueur en Europe. Ce manifeste tente aussi de proposer des solutions concrètes (pas si évident pour des économistes…). Le 9 octobre dernier, ils organisaient un colloque à Paris. Gros plan sur l’évènement économique de la rentrée.                                          

Le  manifeste s’organise autour de dix points. Les auteurs fustigent certains postulatsconsidérés comme acquis dans les décisions économiques actuelles. Marchés omniscients, source de croissance ou efficients, ces principes sont, bien entendus, illusoires. Il est aussi bon de rappeler que les prix fixés par le marché, et considérés comme "justes" de ce fait, ne sont qu’un jugement et ne constituent pas une prédiction sûre pour le futur. Bref, la science économique ne se prête pas aux prédictions. Les décideurs actuels jouent les apprentis sorciers au détriment des populations européennes et dans un mépris total des solutions alternatives disponibles.

Mais le principal intérêt de ce manifeste est son analyse de la situation d’endettement de la plupart des pays européens. Ainsi, l’envolée des dettes publiques des Etats s’analyse à la lumière de la conjoncture de ces dernières années. Les déficits se sont creusés du fait de la concurrence accrue entre les Etats pour mener à bien une contre-révolution fiscale. En gros, les pays offrent de plus en plus de cadeaux fiscaux aux moteurs de la croissance (entreprises, ménages à hauts revenus) alors même que cette croissance économique est en berne.

Autre intérêt du manifeste : rappeler l’importance des investissements en matière d’éducation et de recherche. Des facteurs incontestables de croissance sur le long terme. C’est toujours bon de s’en souvenir (en période de coupures drastiques dans les budgets ministériels).

Les auteurs préconisent 21 mesures. D’inspirations keynésiennes, celles-ci ne font pas l’unanimité auprès des signataires du texte mais présentent l’avantage d’être claires et concrètes. En vrac, accroître le niveau de protection sociale en passant par une réglementation européenne, plafonner la rémunération des traders, rendre transparent le calcul, par les agences de notations de la note des Etats (le traumatisme grec), contrôler les mouvements de capitaux et…taxer les transactions financières (la bonne vieille taxe Tobin).

Soulignons qu’une des mesures préconisées remettrait totalement en question les fondements économiques de l’Union depuis le traité de Maastricht : donner la possibilité à la BCE (Banque Centrale Européenne) de financer directement les Etats en difficulté. Certains crient déjà à  l’incitation à la mauvaise gestion. Les auteurs préfèrent souligner que cette mesure affranchirait les Etats des taux d’intérêts édifiants demandés par les marchés financiers lors d’émission d’obligations par un pays considéré "à risque".   

Les auteurs tirent une sonnette d’alarme et cherchent à recueillir le plus de signatures possibles. Mais dans quel but ? Les résultats attendus de cette action ne sont pas clairement énoncés. Autre critique : pourquoi maintenant ? Les constats dressés ne sont pas nouveaux, ils ne se sont certainement pas réveiller un matin hantés soudainement par la vision qu’ils nous livrent aujourd’hui. Ils ont au moins le mérite de rappeler aux experts leur fonction première : étudier les phénomènes économiques pour être en mesure de proposer des solutions pratiques et justes pour l’ensemble de la population. A lire, le bémol de Jean Gadrey, sur son blog d’Alternatives Economiques ; ce manifeste reste trop "croissantiste", à l’heure où la recherche d’une croissance continue dans tous les pays apparaît illusoire. 

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Published by Les Z'infomanes - dans Economie par Pauline
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commentaires

thibaut 11/11/2010 01:09



Tiens je ne sais pas si tu connais F. Lepage moi j'aime beaucoups, bon l'analyse sur les retraites n'est pas d'hier mais elle pose le problème d'une autre manière c'est tiré d'un
ouvrage écrit par B. Friot il travaille à l'Institut Européen du Salariat. Il te montre que l'on est dans une période de décélération du coût des retraites au regard de la croissance
générée. C'est tout con mais je trouve que c'est une antithèse efficace ! http://www.scoplepave.org/conf_incul_5.php


Au fait pas mal l'article sur la filière ES, moi j'étais en prépa Capes l'année précédente mais du coup, cette année j'ai complétement changé d'orientation. Le livre de 2nd ES est désespérant, il
y a de la publicité partout et des questions du genre : "La consommation, un marqueur social ?" Bref moi je veux pas être prof de ça ! Et toi tu fais quoi de beau depuis Istanbul ?


Thibaut