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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 12:40

Logo biodiversite 2010 F webLa communauté scientifique estime que la moitié des 1.3 millions d'espèces vivantes que nous connaissons pourraient disparaître d’ici un siècle. Le rythme actuel de leur disparition est de 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction ! Cette érosion accélérée de la biodiversité est quasi exclusivement liée aux activités humaines et menace notre propre survie. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a proclamé 2010 : Année internationale de la biodiversité. La biodiversité reste un terme méconnu, bien qu’il désigne le tissu vivant de notre planète. La biodiversité est bien plus que la liste et la description des espèces vivantes qui peuplent notre planète , elle recouvre l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie  ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d’une part, entre les organismes vivants eux-mêmes, d’autre part, entre ces organismes et leurs milieux de vie. Alors que le recensement des espèces vivantes et de leurs milieux de vie est loin d’être fini, l'engagement international pour «ralentir significativement» l'érosion de la biodiversité en 2010 semble être un échec. Quelle gouvernance mondiale s’organise pour sauver cette ressource vitale qui constitue notre assurance vie?

 
Un état des lieux inquiétant

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (réseau mondial de protection de l’environnement qui rassemble plus de 1 000 gouvernements et ONG) a inscrit sur une  Liste Rouge 47.677 espèces à fort risque d’extinction ; incluant 12% d’oiseaux, 21% de mammifères, 30% d’amphibiens, 27% de coraux et 35% de conifères. La France fait partie des 10 pays hébergeant le plus d’espèces menacées. Claude Lévi, correspondant de l’Académie française des sciences, remarque que "l’augmentation brutale et considérable de l’effectif des populations d’Homo sapiens, depuis un siècle, a des conséquences imprévisibles sur la survie de nombreuses espèces de la biosphère ; elle risque d’avoir des conséquences sur sa propre survie."
biodiversite-dessin
Les principales causes de cette destruction continue du patrimoine biologique de la planète, sont la déforestation, les changements de mode d’habitat, la dégradation des terres ou le changement climatique."Trop de gens continuent de ne pas réaliser l'implication de ces destructions. Beaucoup pensent que la terre est notre planète, que nous l'exploitons comme on le veut", a déclaré Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU. Il blâme ensuite "des arguments qui trahissent une ignorance affligeante de l'importance des écosystèmes pour notre bien-être et notre espèce, pour la régulation du climat, pour l'approvisionnement en eau, pour la sécurité alimentaire".
Le rapport de la troisième édition des "Perspectives mondiales de la biodiversité", élaborée par la Convention sur la diversité biologique (CDB) a été publié le 10 mai dernier. Selon ce document, seules des mesures "rapides, radicales et créatives" pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité de la vie sur la Terre seraient en mesure d’éviter "la dégradation rapide et l’effondrement" des systèmes naturels.


Le gaspillage de notre assurance vie
L’érosion de la biodiversité a également des conséquences socio-économiques. L’ensemble des études sur la biodiversité conduisent à estimer les pertes économiques annuelles liées à la destruction de la biodiversité à des valeurs considérables qui dépassent l’entendement : de 1,35 à 3,1 trillions de dollars !
Outre la fourniture de biens irremplaçables et indispensables à notre survie (nourriture, oxygène, matières premières…), des espèces (insectes, chauves-souris, oiseaux…) assurent la pollinisation des végétaux (sans pollinisation, nos fruits et légumes disparaîtront des étalages) et les milieux naturels contribuent à une épuration naturelle de l’eau, à la prévention des inondations, à la structuration des paysages et à l’amélioration de notre cadre de vie… La destruction de la biodiversité mondiale et la menace pesant sur des milliers d’espèces vivantes représentent un danger imminent pour toutes les autres espèces, y compris la notre. L’Homo-Sapiens s’engouffre dans une nouvelle crise menacant sa propre survie.

 

Gouvernance mondiale pour la crise de la biodiversité
Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a rappelé que cette année 2010 n'était pas seulement l'Année de la biodiversité, mais aussi l'échéance que s'était fixée la communauté internationale à Johannesburg en 2002 pour "réduire significativement" le taux de disparition de la biodiversité. "Les objectifs de 2010 n'ont pas été atteints", a-t-il regretté, soulignant qu'au contraire, la destruction de la biodiversité continuait de s'accélérer.
bioNagoya logo KontextUn plan de relance, sera discuté à Nagoya, au Japon du 18 au 29 octobre 2010, lors de la rencontre des 193 Etats parties à la Convention sur la biodiversité biologique. Les pays doivent en effet y adopter un Plan stratégique sur la biodiversité, intégrant aussi des objectifs précis à atteindre pour réduire les destructions d’ici à 2050.
Chapeautées par l'ONU, des propositions ont fixé de nouveaux objectifs mondiaux après 2010 qui prévoient une vision à long terme (vers 2050), ainsi que vingt objectifs mesurables à atteindre en 2020. On sait que le niveau d’ambition de ces derniers et leur formulation dépendront, comme l’ont annoncé les pays du Sud, du montant des financements dédiés ainsi que des avancées en vue d’un Protocole d’accès aux ressources génétiques et de partage des avantages issus de leur utilisation.
Après des décennies d’obscurité, la biodiversité, et l’importance de sa sauvegarde, sont enfin au premier plan de l’attention de la communauté internationale. Il convient cependant de se demander, près d’un an après l’échec de Copenhague, si les déclarations politiques vont se traduire dans la pratique par les actions et les ressources dont le besoin se fait sentir avec urgence. Le sommet de Nagoya ravive des lueurs d’espoir face à une crise planétaire d’un genre nouveau : la lente et progressive disparition de la vie.

Florence Tapiau (16 octobre 2010 - Ecologie Z'infomanes)

 

En décalé, visitez ce blog d’un universitaire américain sur “les bestioles moches en voie de disparition” pour s'éloigner du panda de WWF, du sympathique dauphin ou du photogénétique ours blanc.

Poursuivez avec la Révolution des crabes un court dessin-animé, drôle et piquant sur la condition d'une espèce peu commune.

 

biodiPhoto : un crabe yéti, découvert sur la dorsale pacifico-antarctique. AFP. Pour passer à la loupe la faune des océans du monde entier, les experts internationauxdu Census of marine life (COML) ont participé à 540 expéditions en l'espace de dix ans. 

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Published by Les Z'infomanes - dans Ecologie par Florence
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